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HUILE SUR TOILE - Ref 01408
par Jean-Louis BOUSSINGAULT (1883-1943)
France, 1941

LA BALLERINE NOSTALGIQUE (DANSEUSE)

provenance Galerie Charpentier, 76 rue du Faubourg Saint-Honoré, Paris (aujourd'hui bureaux de Sotheby's)
Grande étiquette de la Galerie Charpentier au dos

avec cadre : 43x35 cm
sans cadre :32x24.5 cm

Signée "JL Boussingault" et datée "41" (voir photo) 
L'état est excellent+++++ ! 
Dans son cadre doré d'époque

Bien que réalisée à la fin de son existence, une période où Boussingault utilise des couleurs vives et éclatantes pour transcrire le bonheur qu'il a à comtempler la vie, quelque peu libéré de ses démons, cette oeuvre le voit revenir en partie à son ancienne manière, celle de la sortie de la première guerre, produite par une âme désolée des malheurs qui l'accablent. Il faut dire que la période est sombre. En 1940-1941, la France vaincue a du mal à se relever de la défaite, le découragement alimente le sentiment de fatalité. Les années folles sont bien loin, la jeunesse de Boussingault également. Ici, notre ballerine ne présente plus un physique propice à l'exercice de son art. Assise, bras croisés, lasse, sans objet, elle s'ennuie et semble revenir en pensées sur son passé. Pour la traduire, Boussingault revient aux couleurs sobres, bruns, gris et ocres atténués par des aplats de rose et de bleu adoucis. La forme, construite et affirmée par des masses simples, ne laisse planer aucune équivoque sur la réalité de la situation. Si le tableau tient parfaitement au premier degré, l'allégorie sur la situation de la France frappe l'esprit. Certains verront dans la nudité du torse de notre danseuse (le Roi est nu !) un contraste au tutu, vestige du passé, soit une allégorie sur la situation à l'époque de la France divisée en deux zones, l'une dite occupée au Nord et l'autre libre au Sud. Au faîte de son Art, Boussingault nous gratifie ici d'une oeuvre originale au néo-réalisme maîtrisé et abouti.