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Pierre TROFIMOFF "Maison de Mme Pomet", Huile sur toile, 1964
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Biographie

Pierre Trofimoff est né le 20 octobre 1925 à Marseille dans une famille bourgeoise très traditionnelle, de lointaine origine polonaise. Très tôt, il déclare une volonté de devenir peintre. A 10 ans, il entre à l'institut Mélizan à Marseille. Ses vacances d'adolescent, il les passe dans la maison de sa grand-mère du Revest-les-Eaux près de Toulon. Dans la campagne, il observe beaucoup d'artistes dessinant ou peignant sur le motif, comme le peintre Eugène Baboulène et le sculpteur Dionisi. Plus tard, il rencontrera sur le même lieu le graveur Decaris. Peu encouragé par sa famille dans sa vocation, il se voit refuser l'entrée à l'Ecole des Beaux-Arts de Marseille. Cependant, il s'y rendra en auditeur libre tous les jeudis.

C'est la guerre. Il court les musées et se prive de cinéma pour s'offrir des livres d'Art. Il aime Puget, Loubon, Delacroix, Courbet. Plus tard Van Gogh, Soutine, Modigliani, Leprin, Pascin, Marquet, Dufu, Braque et Verdilhan par lequel il sera influencé.

Dès la fin de la guerre, Trofimoff exerce le métier de courtier en cuirs et peaux. Mais simultanément, il travaille sa peinture.  Il peint beaucoup en compagnie de Pierre Gontard et se rend souvent à l'atelier de Meiffren, cours Estienne d'Orves. Là, se retrouvent le poète Boissin, les peintres Jammes, Helène Martin et les comédiens de la troupe du Galion d'Or. Trofimoff rencontre également Louis Pons, Raffaelli, Pierre Ambrogiani et Antoine Ferrari. Mais surtout, il se lie avec le critique d'art et poète Alex Toursky. Il apprécie aussi Kundera.

En 1950, il organise avec Jean Arène, le premier Salon des moins de trente ans. Y participent, entre-autres, Arène, Trabuc, Fabre et Soichot. Cette manifestation débouche sur des invitations à des sélections de la jeune peinture à Nice et Menton. Trofimoff est exposé dans des galeries à Marseille, Toulon, Avignon, ... Les mécènes bourgeois de l'époque s'intéressent à son travail et font l'acquisition des ses oeuvres. La critique le soutient, lui et ses amis. 

" Malgré son absence de souci publicitaire et son tempérament peu mondain, Trofimoff a été exposé de son vivant à Paris, Nice, Avignon, à la Biennale de Menton, au Musée de Toulon, dans de nombreuses galeries provençales. Mais également aux Etats-unis, au Japon à Osaka et Kobé "

De ses randonnées dans la campagne toulonnaise, Trofimoff a conservé le goût du motif. Chez ses parents, rue Combalat, il passe des heures derrière une vitre. Il peint alors ces fenêtres qui ont été "ses gammes". Il peint aussi les rues, les maisons, la Place Estrangin sous la neige. Il a 23 et 24 ans. Sa peinture est très grise, très sombre. Il emploie du bleu de prusse, de la terre de Sienne brûlée, de l'ocre jaune... Sa volonté de construction se manifeste dès cette première période. Ainsi que son besoin de tirer le maximum d'un même thème : les fenêtres, les rues, les gares. Puis vient la série d'intérieurs : des portes, des couloirs, des salles à manger. Sa peinture devient alors intimiste, mais demeure sombre. Techniquement, ces toiles sont très dessinées, très construites, avec de nombreuses verticales. Le chromatisme se caractérise par des blancs, de beaux gris, des noirs et des bruns. Trofimoff s'échappe de ces maisons et de ces rues pour peindre le Vieux-Port, les paysages d'Allauch, d'Aubagne, et la campagne du Revest où il retourne souvent.

Vers 1958, Trofimoff se consacre à la nature morte. Morte, certes, mais ses objets sont vivants. Il les peint comme il peindrait des personnages. Et, lorsqu'il dit "les objets me parlent", on comprend que ce ne sont pas des mots en l'air.

Des moments cruels vont susciter une autre période du peintre : celle qu'il nomme son "chemin de croix". Entre 1959 et 1962, il perd son frère, tué en Algérie, quatre cousins et son oncle. Tous de façon brutale. Douleur, désarroi, angoisse. Il s'installe à Dardenne dans une écurie du 9ème siècle. De cette retraite, il peint des compositions aux tons sourds, dont certaines flirtent avec l'abstrait. Les couleurs conservent leurs gammes de gris et surtout de bruns.


Trofimoff sort de sa retraite et renoue avec la nature. Et se marie. La couleur prend alors possession de sa peinture, à moins que ce ne soit l'inverse, comme d'une femme longtemps désirée. C'est un accouplement passionné : "La couleur, pour moi, c'est une conquête" affirme-t-il. La série des la Maison des Belles Filles, les scènes foraines viennent fêter cette union. Ces toiles là sont véritablement fauves, avec des rouges et des jaunes lumineux, vibrants, triomphants. L'écriture se ressent de cet éclatement, elle devient encore plus libre dans certains tableaux. Des carénages, des ports, ramènent Trofimoff à un dessin plus rigide où le souci de construction, toujours présent dans ses oeuvres, reprend toute son importance.

Pierre TROFIMOFF "Maison de Mme Pomet", Huile sur toile, 1964
La maison de Mme Pomet
huile sur toile

D'autres toiles : "Façade de bar du hameau", "Le jardin des orangers", "La maison de Madame Pomet", témoignent d'une parenté certaine avec Mathieu Verdilhan. Pas de mystère : Trofimoff éprouve la même attirance que Verdilhan pour la robustesse, l'épuration des formes, la richesse de la matière.

Malgré son absence de souci publicitaire et son tempérament peu mondain, Trofimoff a été exposé de son vivant à Paris, Nice, Avignon, à la Biennale de Menton, au Musée de Toulon, dans de nombreuses galeries provençales. Mais également aux Etats-unis, au Japon à Osaka et Kobé.

Pierre Trofimoff s'éteint en 1996. Il aura peint toute sa vie, en homme libre, qui veut jouir de sa peinture.

(source : "Trofimoff", Jacqueline de Grandmaison, Editions Vision sur les Arts, Béziers, 1978)



Musées

Musée Cantini, Marseille
Musée d'Arles
Musée d'Art de Toulon
Musée Méditerranéen de Cassis
Musée de Saint-Tropez
Musée de Narbonne