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GALERIE PAUL GUILLAUME




Paul Guillaume, né à Paris le 28 novembre 1891 et mort dans la même ville le 1er octobre 1934, est un marchand et collectionneur français d’art moderne. La majeure partie de sa collection est conservée à Paris, au musée de l'Orangerie.

Trois masques africains visibles au Musée de l'Orangeraie à Paris rappellent le rôle éminent de Paul Guillaume dans la connaissance et la reconnaissance de l'art africain au début du XXe siècle. Jeune employé dans un garage, il expose dès 1911 quelques objets reçus dans les cargaisons de caoutchouc destiné à la fabrication des pneus. C’est alors qu’il rencontre Guillaume Apollinaire, passionné par cet art, qui le soutient, le fait entrer dans son cercle et structure son activité. Il devient très rapidement l’un des acteurs les plus énergiques et les plus influents dans ce domaine. Devenu le courtier d’Apollinaire, il se constitue dans le même temps son propre fonds en poursuivant son activité avec ses premiers fournisseurs et en passant des annonces dans les publications destinées aux "coloniaux".

En 1912 se crée la Société d’art d’archéologie nègre dont il se présente comme le délégué puis l’année suivante la Société des Mélanophiles. En 1914, par l’intermédiaire de Marius de Zayas, il envoie un lot de sculptures à Alfred Stieglitz à New York pour l’exposition "Statuary in Wood : the Roots of Modern Art".

Lorsqu’il ouvre sa première galerie près du palais de l'Elysée en 1914, les "Soirées de Paris" (périodique dont Apollinaire est le rédacteur en chef) précisent que l’on y trouvera "des tableaux modernes... et des sculptures nègres". Il y expose des oeuvres de Larionov, Gontcharova, Derain, Creixams, Van Dongen, Modigliani, de Chirico, Matisse et Picasso. Paul Guillaume fonde en 1918 une revue intitulée Les Arts à Paris où il put faire la promotion de ses artistes.

Tout au long de sa carrière il s’efforce de conjuguer dans ses galeries et ses intérieurs la présentation de sculptures et peintures contemporaines et d’art africain en mettant en valeur l’aspect esthétique de ces objets qui étaient alors seulement considérés comme des objets ethnographiques. Il publie en 1917 avec Apollinaire un ouvrage très symbolique "Premier album de sculptures nègres", illustré de photographies d’œuvres de collections privées.

Paul Guillaume s’agrandit en 1921 en installant sa galerie au 39, rue La Boétie, où il présente alternativement ou simultanément de l’art africain et de la peinture. C’est cet intérêt partagé pour l’art contemporain et l’art africain qui favorise sa collaboration avec le docteur américain Paul Barnes de 1922 à 1929, qui ouvre une fondation près de Philadelphie. Paul Guillaume devient son conseiller, ce qui achève de le faire connaître et de faire sa fortune. Décoré de la Légion d’honneur en 1930, il devient avec sa ravissante épouse Domenica (1898-1977) une figure du tout-Paris. Il rassemblent dans leurs résidences parisiennes successives une des plus exceptionnelles collections de peintures de l’Europe des années 1930. Il mûrissait le projet d’offrir sa collection à l’Etat pour en faire "le premier musée "français" d’art moderne" lorsqu’il disparaît brusquement à l’âge de quarante-deux ans.

En 1935, après son décès, cinquante numéros lui ayant appartenu figurent à une grande exposition du Metropolitan Museum de New York.